Le névrome de Morton est une cause fréquente de douleur à l’avant-pied. Il touche souvent l’espace entre le 3e et le 4e orteil. La gêne peut être vive. Parfois, elle donne l’impression d’avoir un caillou dans la chaussure. Bonne nouvelle : on peut souvent améliorer les choses avec des mesures simples. Le plus important est d’identifier rapidement les signes, de comprendre les causes, et de choisir un traitement adapté.
Qu’est-ce qu’un névrome de Morton ?
Le névrome de Morton n’est pas une tumeur au sens classique. Il s’agit plutôt d’un épaississement d’un nerf plantaire. Ce nerf passe entre les têtes des métatarsiens, à l’avant du pied. Avec le temps, il peut s’irriter puis s’épaissir. Cela crée une douleur parfois très marquée, surtout à la marche.
On parle souvent de « névrome » par habitude. En réalité, le terme décrit une réaction du nerf à des contraintes répétées. Ce problème apparaît plus souvent chez l’adulte, et fréquemment chez les personnes qui portent des chaussures serrées à l’avant du pied.
Où se situe la douleur et pourquoi cette zone est fragile
La zone la plus concernée se trouve entre le 3e et le 4e orteil. Plus rarement, l’espace entre le 2e et le 3e peut être touché. Cette région est fragile car elle supporte une partie importante du poids du corps au moment de la propulsion.
Quand vous marchez, l’avant-pied se plie et les métatarsiens se rapprochent. Le nerf est alors comprimé. Si cette compression se répète et s’ajoute à d’autres facteurs (chaussures, morphologie, sport), une irritation s’installe. La douleur devient plus fréquente, puis plus intense.
Névrome de Morton : causes et facteurs de risque
Le sujet « névrome de Morton causes, symptômes et traitement » revient souvent car la douleur peut surprendre. Elle démarre parfois sans traumatisme. En pratique, il s’agit souvent d’un ensemble de facteurs.
Chaussures inadaptées
C’est l’un des facteurs les plus classiques. Les chaussures à bout étroit compressent l’avant-pied. Les talons hauts augmentent aussi la charge sur les métatarsiens. Résultat : le nerf est plus souvent coincé dans l’espace interdigital.
- Chaussures serrées à l’avant
- Talons hauts ou port prolongé de talons
- Chaussures rigides qui limitent l’adaptation du pied
Morphologie du pied et mécanique de marche
Certains pieds sont plus exposés. Un avant-pied large dans une chaussure étroite, un pied creux, ou un appui très prononcé sur l’avant du pied peuvent augmenter les contraintes. Une anomalie de l’appui peut aussi surcharger un espace interdigital.
Parfois, la douleur s’associe à d’autres gênes plantaires. Par exemple, une douleur à la voûte plantaire peut modifier l’appui et pousser à compenser, ce qui augmente la pression à l’avant-pied.
Sports et gestes répétitifs
Les activités avec impacts et poussées répétées peuvent participer au problème. On pense notamment à la course à pied, aux sports de raquette, ou à la danse. Ce n’est pas le sport en lui-même qui « crée » le névrome. C’est la répétition des contraintes, parfois combinée à des chaussures peu adaptées.
Inflammations et compressions associées
Une inflammation locale, une bursite, ou un œdème entre les métatarsiens peut réduire l’espace disponible pour le nerf. La compression devient plus facile. Dans certains cas, une déformation des orteils ou de l’avant-pied augmente le risque.
Symptômes du névrome de Morton : reconnaître les signes
Les symptômes du névrome de Morton sont souvent typiques, mais ils peuvent varier. Certaines personnes décrivent une brûlure. D’autres parlent d’un choc électrique. La douleur peut être intermittente, puis devenir plus régulière.
Douleur à l’avant-pied
La douleur est localisée sous l’avant-pied, souvent entre deux orteils. Elle apparaît surtout en marchant. Elle peut aussi survenir en station debout prolongée. Le repos soulage souvent, au moins au début.
Sensation de caillou ou de pli dans la chaussure
C’est un signe très évocateur. Beaucoup de personnes vérifient leur chaussure, persuadées qu’un petit objet les gêne. Pourtant, rien n’est présent. Cette sensation est liée à l’irritation du nerf et à la réaction des tissus autour.
Fourmillements, engourdissements, décharges
Comme il s’agit d’un nerf, des signes neurologiques peuvent apparaître :
- picotements dans les orteils voisins
- engourdissement partiel
- décharges électriques à la marche
Ces sensations peuvent remonter vers le dessus du pied ou rester à l’avant-pied.
Symptômes déclenchés par certaines chaussures
Un point important : la douleur est souvent majorée par des chaussures serrées. En changeant de chaussures, certaines personnes constatent une amélioration nette. À l’inverse, un événement simple (journée avec chaussures étroites, mariage, soirée) peut relancer une crise.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic repose d’abord sur l’histoire et l’examen. Le professionnel de santé cherche à reproduire la douleur. Il évalue aussi la mécanique du pied. L’objectif est de confirmer qu’il s’agit bien d’un névrome et pas d’une autre cause de douleur de l’avant-pied.
Examen clinique
À la palpation, une douleur entre les métatarsiens est souvent retrouvée. Une compression latérale de l’avant-pied peut déclencher la douleur et parfois un « clic » typique. Ce signe n’est pas obligatoire, mais il peut orienter.
Imagerie : échographie et IRM
L’échographie peut visualiser un épaississement du nerf, surtout si l’examen est réalisé par un opérateur habitué. L’IRM peut être utile si le diagnostic est incertain ou si l’on suspecte une autre lésion. L’imagerie n’est pas toujours indispensable d’emblée. Elle sert surtout à confirmer et à éliminer d’autres problèmes.
Écarter les diagnostics voisins
Plusieurs douleurs peuvent mimer un névrome. Il peut s’agir d’une metatarsalgie mécanique, d’une fracture de fatigue, d’une arthrite, ou d’une irritation tendineuse. Une douleur plantaire plus diffuse peut aussi faire penser à une aponévrosite plantaire, même si la localisation est en général plus vers le talon ou l’arche.
Traitement du névrome de Morton : les options efficaces
Le traitement du névrome de Morton se fait souvent par étapes. L’idée est simple : diminuer la compression du nerf, réduire l’inflammation, et corriger les contraintes répétées. Beaucoup de cas s’améliorent sans chirurgie, surtout quand la prise en charge est précoce.
Adapter les chaussures (premier levier)
C’est souvent l’action la plus utile. Il faut chercher de la place à l’avant-pied et limiter la pression sur les têtes métatarsiennes.
- Choisir une toe-box large (bout de chaussure large)
- Éviter les talons hauts, surtout en période douloureuse
- Privilégier une semelle avec un bon amorti
- Tester une chaussure un peu plus rigide si la flexion déclenche la douleur
Une amélioration rapide après ce changement est un signe très en faveur du diagnostic.
Semelles et orthèses plantaires
Les semelles peuvent réduire la charge sur l’avant-pied et limiter la compression du nerf. Le principe est souvent d’utiliser un appui rétro-capital (pelote) placé derrière les têtes métatarsiennes. Cela écarte légèrement les métatarsiens et décharge l’espace interdigital.
Une semelle peut aussi corriger un excès d’appui sur une zone précise. Elle doit être confortable. Une correction trop agressive peut irriter davantage.
Repos relatif et gestion de l’activité
Quand la douleur est active, il est utile de diminuer les activités qui déclenchent les symptômes. Cela ne veut pas dire arrêter toute activité. Il s’agit plutôt d’éviter les longues marches, les sprints, ou les chaussures qui aggravent.
En parallèle, on peut maintenir une activité sans douleur : vélo, natation, renforcement doux, selon le cas.
Glace et mesures simples contre la douleur
La glace peut calmer une poussée inflammatoire, surtout après une journée avec symptômes. Appliquez du froid de façon courte, avec protection cutanée, et arrêtez si cela augmente la douleur.
Des antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être envisagés selon votre situation, mais ils ne corrigent pas la cause mécanique. Il est préférable d’en parler à un professionnel de santé, surtout en cas de traitement en cours ou de contre-indication.
Kinésithérapie et travail de la mécanique du pied
La kinésithérapie peut aider, en particulier si la douleur s’inscrit dans une chaîne de contraintes. Le travail peut inclure :
- mobilité de l’avant-pied et des orteils
- assouplissement du mollet si la cheville est raide
- renforcement des muscles intrinsèques du pied
- rééducation de l’appui et de la marche
Le but est de mieux répartir la charge et de réduire la compression sur la zone douloureuse.
Infiltrations : dans quels cas ?
Si les mesures de base ne suffisent pas, une infiltration peut être proposée. Il peut s’agir d’un corticoïde (souvent associé à un anesthésique). L’objectif est de réduire l’inflammation autour du nerf et de permettre un retour à des contraintes mieux tolérées.
Les infiltrations peuvent soulager, parfois de façon marquée. Mais l’effet peut être temporaire. Elles doivent s’inscrire dans une stratégie globale : chaussures, semelles, correction des facteurs de risque. Discutez des bénéfices et des risques avec le médecin, car la décision dépend du contexte.
Traitements mini-invasifs et chirurgie
Quand la douleur persiste malgré un traitement bien conduit, d’autres options existent. Certains centres proposent des techniques ciblées, selon le cas et les habitudes locales. La chirurgie peut être discutée si la gêne est importante et durable.
Le geste chirurgical vise en général à libérer l’espace ou à retirer le segment nerveux pathologique. Cela peut entraîner une zone d’insensibilité entre les orteils concernés. C’est un point à connaître avant de décider. Le choix dépend de l’intensité des symptômes, de leur durée, et de l’impact sur la vie quotidienne.
Combien de temps dure la guérison ?
La durée dépend de plusieurs éléments : ancienneté des symptômes, chaussures, niveau d’activité, et réponse individuelle. Pour certains, quelques semaines suffisent avec des chaussures adaptées et une semelle. Pour d’autres, le problème peut durer plusieurs mois.
Ce qui aide le plus est la régularité. Si vous changez les chaussures mais reprenez rapidement les mêmes contraintes, les symptômes reviennent souvent. À l’inverse, si vous combinez adaptation des chaussures, correction de l’appui, et gestion progressive des activités, l’évolution est souvent favorable.
Conseils pratiques au quotidien
Voici des actions simples qui peuvent faire une vraie différence si vous suspectez un névrome de Morton :
- Évitez les chaussures étroites, même si elles sont « à votre taille ».
- Testez une chaussure plus large à l’avant et plus amortissante.
- Si vous utilisez des semelles, assurez-vous que la pelote est bien positionnée et confortable.
- Reprenez la marche progressivement, sans chercher à « forcer à passer » la douleur.
- Surveillez les signes neurologiques (engourdissement, picotements) et leur évolution.
Si la douleur perturbe la marche, si elle s’aggrave malgré les changements, ou si elle devient permanente, une consultation est utile. Cela permet de confirmer le diagnostic et d’éviter une chronicisation.
Quand consulter et quels signaux doivent alerter
Il est préférable de consulter si la douleur revient régulièrement, si elle vous oblige à modifier votre marche, ou si elle empêche le sport. Certaines situations justifient un avis plus rapide :
- douleur intense et brutale sans cause évidente
- gonflement important, rougeur, chaleur locale
- douleur nocturne persistante
- perte de sensibilité marquée ou progressive
- antécédent de fracture de fatigue ou maladie inflammatoire
Un examen permet aussi de vérifier qu’il n’existe pas une autre cause associée. Et surtout, il aide à construire un plan clair : névrome de Morton causes, symptômes et traitement, mais appliqués à votre cas précis.
