Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont aujourd’hui le principal problème de santé au travail en France. Lombalgies, tendinites, syndrome du canal carpien… Ils concernent de nombreux métiers et secteurs, aussi bien dans le BTP que dans l’industrie ou dans les bureaux.
Pour une entreprise, agir sur les TMS ne consiste pas seulement à répondre à une obligation réglementaire. C’est aussi un moyen d’améliorer les conditions de travail, de limiter les arrêts et, à terme, de gagner en efficacité.
Mais comment reconnaître les TMS ? Quels sont les principaux facteurs de risque et surtout, quelles mesures peut-on mettre en place pour les prévenir ? Voici les points essentiels à connaître.
Qu’est-ce qu’un TMS ?
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont aujourd’hui le principal problème de santé au travail en France. Lombalgies, tendinites, syndrome du canal carpien… Ils concernent de nombreux métiers et secteurs, aussi bien dans le BTP que dans l’industrie ou dans les bureaux.
Pour une entreprise, agir sur les TMS ne consiste pas seulement à répondre à une obligation réglementaire. C’est aussi un moyen d’améliorer les conditions de travail, de limiter les arrêts et, à terme, de gagner en efficacité.
Mais comment reconnaître les TMS ? Quels sont les principaux facteurs de risque et surtout, quelles mesures peut-on mettre en place pour les prévenir ? Voici les points essentiels à connaître.
Ils concernent notamment :
- Les membres supérieurs : épaules (tendinite de la coiffe des rotateurs), coudes (épicondylite), poignets (syndrome du canal carpien).
- Le dos : lombalgies et cervicalgies.
- Les membres inférieurs : genoux, avec notamment certaines tendinites ou lésions méniscales.
Au départ, les douleurs peuvent sembler bénignes ou passagères. Mais lorsqu’elles s’installent et ne sont pas prises en charge, elles peuvent devenir chroniques, limiter les mouvements et, dans certains cas, conduire à une inaptitude professionnelle.
Les TMS en France : quelques chiffres à retenir
Les TMS ont un impact important sur les salariés, mais aussi sur les entreprises et, plus largement, sur l’économie. Les données publiées par l’Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS permettent de mesurer l’ampleur du phénomène.
Quelques chiffres sont particulièrement parlants :
88 à 90 % des maladies professionnelles reconnues dans le régime général sont liées aux TMS.
Chaque année, les TMS seraient à l’origine de plus de 22 millions de journées de travail perdues en France, avec un coût direct estimé à environ 1 milliard d’euros en cotisations patronales.
La lombalgie représente à elle seule plus de 20 % des accidents du travail et constitue la première cause d’inaptitude avant 45 ans.
À ces coûts directs s’ajoutent les coûts liés aux remplacements, à la baisse de productivité ou encore à la désorganisation des équipes. Pour l’entreprise, le coût réel d’un TMS peut ainsi être plusieurs fois supérieur à son coût direct.
Quels sont les principaux facteurs de risque ?
Un TMS apparaît rarement à la suite d’un seul geste ou d’un seul événement. Dans la plupart des cas, plusieurs facteurs se combinent et l’exposition se prolonge dans le temps.
Les facteurs physiques et biomécaniques
Certains gestes ou certaines postures sollicitent davantage les muscles et les articulations :
- Les gestes répétitifs, lorsqu’un même groupe musculaire ou une même articulation est sollicité en continu, avec peu de temps de récupération.
- Les efforts importants, notamment lors du port de charges ou des opérations de poussée et de traction.
- Les postures contraignantes, par exemple lorsqu’il faut travailler les bras au-dessus des épaules, se pencher ou effectuer des rotations du tronc.
- Le maintien prolongé d’une même position, assise ou debout, sans possibilité de varier les postures.
L’organisation du travail
La manière dont le travail est organisé peut également favoriser l’apparition des TMS :
- rythme de travail élevé et pression sur les délais ;
- pauses insuffisantes ou mal réparties ;
- faible rotation des tâches ;
- manque de polyvalence et répétition des mêmes activités.
Même un poste correctement aménagé peut donc rester problématique si l’organisation ne permet pas suffisamment de récupération.
Les facteurs psychosociaux
Les conditions dans lesquelles le travail est réalisé jouent également un rôle.
Le stress, le manque de soutien de la part des collègues ou de la hiérarchie, une faible autonomie ou encore le sentiment de ne pas être reconnu peuvent augmenter les tensions musculaires et rendre les douleurs plus difficiles à supporter.
Les TMS ne sont donc pas uniquement une question d’ergonomie ou de matériel. L’organisation et les conditions de travail doivent également être prises en compte.
L’environnement de travail
Certains éléments liés à l’environnement peuvent enfin accentuer les contraintes :
- exposition aux vibrations, notamment avec certains outils portatifs ou lors de la conduite d’engins ;
- températures basses, qui peuvent favoriser les raideurs musculaires ;
- éclairage insuffisant ou inadapté, pouvant contribuer à de mauvaises postures.
4 leviers pour prévenir les TMS en entreprise
Il n’existe pas une seule solution pour prévenir les TMS. Une démarche efficace repose généralement sur plusieurs actions complémentaires, adaptées aux situations de travail réellement rencontrées par les salariés.
1 - Adapter les postes de travail
Le premier réflexe consiste à regarder concrètement comment le travail est réalisé et à identifier ce qui peut être amélioré.
Au bureau ou en télétravail, cela peut passer par du matériel adapté : siège réglable, support ou bras d’écran, souris adaptée, etc. Mais le matériel ne suffit pas. Les salariés doivent aussi savoir régler correctement leur poste et varier régulièrement leur position.
Dans les ateliers et sur les chantiers, des équipements d’aide à la manutention peuvent réduire les efforts : palans, tables élévatrices, chariots ou autres dispositifs adaptés aux tâches réalisées.
2 - Revoir l’organisation du travail
L’ergonomie du poste n’est qu’une partie de la solution. L’organisation mérite également d’être analysée.
Il peut par exemple être intéressant d’alterner les tâches et les postures afin de ne pas solliciter en permanence les mêmes parties du corps. La répartition de la charge de travail peut aussi être revue pour éviter les périodes de forte pression qui se répètent.
Des temps de récupération suffisamment réguliers permettent également de limiter la fatigue accumulée au cours de la journée.
3 - Sensibiliser et former les salariés
Les salariés ont un rôle important dans la prévention, notamment parce qu’ils connaissent les difficultés rencontrées au quotidien sur leur poste.
Des formations, comme les formations PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique), peuvent les aider à mieux identifier les situations à risque et à adopter de meilleures pratiques.
Des actions de sensibilisation peuvent également être proposées autour des échauffements, de la récupération ou encore de l’aménagement des postes de travail.
L’objectif n’est pas de faire reposer la prévention uniquement sur les comportements individuels, mais de donner aux équipes les moyens de participer à l’amélioration de leurs conditions de travail.
4 - Construire un plan de prévention dans la durée
La prévention des TMS doit s’inscrire dans une démarche globale de prévention des risques professionnels et être prise en compte dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).
Il est également possible, selon les dispositifs en vigueur et les conditions d’éligibilité, de bénéficier d’aides financières de l’Assurance Maladie. Par exemple, certaines entreprises peuvent obtenir une aide dans le cadre de la Subvention Prévention des Risques Ergonomiques pour financer des diagnostics, des équipements ou certaines actions de prévention.
Les principales étapes à retenir
- Évaluer : identifier les postes et situations qui présentent le plus de risques.
- Échanger : associer les salariés, le CSE, le médecin du travail et les autres acteurs concernés.
- Agir : combiner les améliorations matérielles, ergonomiques et organisationnelles.
- Suivre : mesurer les résultats dans le temps à partir d’indicateurs comme les arrêts de travail, les douleurs signalées ou les situations à risque.
Pour conclure on peut dire que prévenir les TMS ne revient pas simplement à acheter du matériel ergonomique ou à demander aux salariés de faire attention à leur posture. Pour être efficace, la démarche doit s’intéresser à l’ensemble des conditions de travail : les équipements, les gestes, les postures, mais aussi le rythme et l’organisation du travail.
En agissant en amont, l’entreprise peut réduire les douleurs et les arrêts de travail, tout en améliorant les conditions de travail au quotidien. La prévention des TMS devient alors un véritable investissement, aussi bien pour les salariés que pour l’organisation.
